De Capitol Reef à Goblin

18 juin 2018

Comme la veille, sur la route de Capitol Reef, on ne peut résister à plusieurs arrêts pour observer la roche aux nuances de couleurs changeantes sous les rayons du soleil qui chauffe doucement. A notre grande surprise, on croise nos premiers bisons et leurs petits qui évoluent paisiblement dans les prairies. Quelques kilomètres plus loin, les cerfs mulets se baladent dans les champs autour de la rue principale bordée de saules de la petite ville de Torrey. L’Ouest et sa faune s’éveillent.

Une fois passé le Visitor Center, la scenic drive, qui justifierait à elle seule une visite, nous entraine vers le fond du parc. On longe la roche, de plus en plus près, jusqu’à s’enfoncer dans le canyon, seuls ou presque. La route devient plus étroite à chaque virage et se termine par un chemin de terre qui file jusqu’à Capitol Gorge. Au bout du chemin, on opte pour un sentier courant entre les parois colorées du canyon qui s’élargit au fil du temps. On grimpe jusqu’aux tanks, asséchés à cette saison, avant de revenir tranquillement à la voiture, couverts de poussière rosée et charmés par cette première escapade.

Notre périple reprend sur la highway 24 qui marque un brusque changement de paysage. Les mille couleurs de Capitol Reef ont fait place à des montagnes de gris, fendues d’une unique route. Sur des dizaines de kilomètres sans vie, on se croirait perdus sur la Lune. Quelques oasis de verdure réapparaissent finalement  sur le chemin de Hanksville, petite ville étape pleine de sable et de poussière qui permet la bifurcation vers le nord. Là, des plaines à perte de vue débouchent sur de curieuses montagnes colorées. Dans cette Amérique sauvage, sous les notes de Queen qui s’échappent par la fenêtre, on perd la notion du temps et des distances.

L’arrivée au Goblin State Park nous réveille brusquement. A Observation Point, une horde d’adolescents parient bruyamment sur un jeu de cartes sans prêter la moindre attention au paysage qui les entourent. On s’en éloigne rapidement pour s’engager sur le Goblin Lair Trail. Nos débuts y sont un peu compliqués : le sentier est peu balisé et une partie des marqueurs de direction est tombée. On cherche les traces sur le sol, on rebrousse chemin plusieurs fois avant de trouver la bonne route. Très vite, on patauge dans le sable tout en remettant d’aplomb, un peu comme on peut, quelques marqueurs pour les prochains aventuriers. Les falaises qui bordent la route ont  un aspect curieux, presque factices. Quelques goblins marquent le trajet jusqu’à une dernière montée un peu acrobatique. Un air frais salue l’ascension et on déboule dans une caverne aux murs gravés des noms de nos prédécesseurs. Le retour se fait par le canyon, chaud, sec et toujours plein de ce sable qui colle et qui s’invite partout. On termine la visite en déambulant dans la vallée comme des enfants, grimpant sur les roches douces et chaudes qui paraissent installées là par magie.

Coté pratique

Le logement

  • Apache Motel, 166 Fourth E St, Moab, UT 84532

Un motel quelconque mais aux tarifs abordables ce qui n’est pas fréquent à Moab !

Les visites

  • Capitol Reef National Park

Pass America The Beautiful accepté. Compter 45 minutes entre le visitor center et Capitol Gorge. Environ 6 km et 2h avec les photos sur place

  • Goblin State Park

Entrée 15$ par voiture.

Les repas

  • Pasta Jay’s, 4 S Main St, Moab, UT 84532-2503

Un restaurant italien situé en plein cœur de Moab et équipé d’une imposante terrasse. Les plats de pâtes sont  gargantuesques et plutôt bons.

Retour à l’Ouest

16 Juin 2018

Moins d’un an après notre premier périple, mon fidèle sac à dos et moi même sommes de nouveau à l’aéroport, égayés d’un petit porte-clés élan dont la mission est de nous porter chance. Comme à chaque fois, l’impatience grandit à mesure que les avions roulent sur l’asphalte de l’autre côté de la vitre. Les hôtesses appellent via les micros. Une fois. Deux fois. Trop de fois. Enfin notre tour arrive.

On s’installe, on ferme les yeux et New-York semble apparaitre aussitôt à travers le hublot. On retrouve les pâles silhouettes des gratte-ciels dans la brume bleutée qui recouvre la ville. Le rituel de la douane se passe cette fois sans encombre et on laisse nos valises dans un coin pour notre nouvelle destination. Bientôt l’Ouest.

Vegas est sous nos pieds. On observe les alentours arides et poussiéreux avant de nommer les hôtels du Strip tellement reconnaissables. La clim tourne à plein régime mais l’aéroport est calme et tranquille. Rien à voir avec le souvenir remuant des rues blingbling de l’an passé. Les valises arrivent rapidement. Une. Deux. Cent. Puis rien. Jamais la mienne. La petite maligne est restée à New-York….

17 Juin 2018

Il est 6h et ma valise est là. Comme par magie, elle est apparue dans le hall d’entrée du motel au pied d’une vieille bonne-femme en pyjama. Comme un matin de Noël, je saute comme une enfant. Ma valise est revenue.

On quitte rapidement St Georges après avoir fait le plein de pompotes et de barres de céréales, base de notre régime alimentaire de roadtripers. Une première journée de route débute au travers d’immenses terres désolées, collines verdoyantes ou prairies d’herbes hautes où broutent les troupeaux de nombreux ranchs. Les kilomètres défilent dans le rétroviseur au rythme des camions clinquants et d’innombrables SUVs. Mon copilote immortalise l’instant sous toutes ses formes, de la série d’images un peu aléatoire aux coups de crayons sur son calepin.

Le Red Rock Canyon apparait finalement avec ses terres aux ocres intenses et, soudain, l’Ouest est à nous. L’air chaud s’engouffre par la fenêtre et couvre les notes d’AC/DC. Sur les traces de notre ancien périple, on repasse devant le Ruby’s avant de s’enfoncer dans Bryce. Faute de temps, on se contente d’une traversée en voiture vers le Rainbow Point qui offre une vue sur toute la vallée. Plus loin, sur Inspiration Point, les visiteurs ouvrent grand les yeux devant cet immense amphithéâtre aux formes élancées.

Une petite route perdue dans d’immenses espaces vides nous conduit à Capitol Reef. Nous sommes seuls, incroyablement seuls. A l’approche du parc, d’improbables étendues d’herbe verte bordées de barrières blanches immaculées transforment le décor. On traverse des villes tranquilles au gazon millimétré et aux pots de fleurs bien rangés. En toile de fond, les couleurs de Capitol Reef se devinent déjà. Le pays de la montagne arc en ciel porte bien son nom. Le spectacle offert par la route nous en met plein la vue. Des nuances d’ocre, de rouge, de rose, de gris, de blanc et même de violet s’entremêlent avec harmonie. La végétation de toutes formes se pare d’un camaïeu de vert étonnant. On s’arrêterait tous les 100 mètres pour immortaliser ses reliefs majestueux. A cette heure, le visitor center est déjà fermé. Nous avons juste le temps d’observer les pétroglyphs, vestiges d’un temps passé gravés dans la roche, avant de traverser Fruita et de rejoindre la Gifford Farmhouse.

Tout au long du chemin, les arbres sont chargés de fruits qui manquent encore un peu de soleil. Les branches des plus gros abricotiers que j’ai pu voir croulent sous le poids des fruits. Les cerfs mulets se reposent sous leur ombre ou gambadent par petits groupes sur les chemins désertés. Devant la veille ferme en bois, les marmottes courent dans l’herbe et explorent la bâtisse comme si nous n’existions pas.

Vers 19h, il n’y a plus que le bruit d’un vague courant d’air dans les feuillages. Sous les derniers rayons chauds du soleil, on réalise que l’on est déjà partis très loin…

Coté pratique

Le logement

  • Aquarius Inn, 292 West Main Street, Bicknell, UT 84715

Un motel classique situé avant Torrey sur la route de Capitol Reef. Pas de petit déjeuner mais piscine et jacuzzi ouverts jusqu’à 23h !

Les visites

  • Bryce Canyon National Park

Pass América the Beautiful accepté

  • Capitol Reef National Park

Pass América the Beautiful accepté

Les repas

  • The Rim Rock Restaurant, 2523 UT-24, Torrey, UT 84775

Des baies vitrées avec vue sur Capitol Reef font le tour de ce restaurant de bois et de pierre. Un bon repas dans un beau décor !

D’un palais à l’autre

2 avril 2018

Notre dernier jour à Marrakech débute par une nouvelle balade culturelle. Partis en milieu de matinée, on est encore surpris par le peu de monde qui circule dans les ruelles. Devant le palais Bahia, pourtant haut lieu du patrimoine culturel du pays, seules quelques personnes personnes patientent pour obtenir un billet. On y entre donc rapidement dans une ambiance plutôt paisible. Derrière la porte, les carreaux et mosaïques défilent sur plusieurs hectares traversant des suites de pièces, de riads, de cours et de jardins aux décors changeants. Moins bien conservé et entretenu, le palais souffre de la comparaison avec l’Alcazar de Séville qui nous avait séduit au premier regard. On y passe néanmoins un bon moment jusqu’à ce que d’importants groupes amorcent bruyamment leur visite…

Sur la place des Ferblantiers voisine, les pièces cuivrées suspendues au dessus des étals dansent avec le soleil. Des dizaines de chats courent dans nos pattes alors que l’on vagabonde entre les bibelots colorés. Au bout des rangées de palmiers, la grande porte nous mène près des remparts du palais où un passant nous entraine par un couloir dissimulé entre deux portes. En un clin d’œil, nous voilà débarqués chez un marchand berbère qui, tout en nous prenant par les sentiments à coup de thé, nous détaille le contenu de sa boutique… Nouvelle leçon de pigeonnage. Dehors, le souk est bondé. Toutes les échoppes sont ouvertes et d’immenses sacs multicolores s’accumulent sur les bords des ruelles. Ça sent la menthe, le thé et les épices sous le toit de bois ajouré. Alors en bons bleus, on s’installe sur un banc, on écoute, on sent, on sirote des liquides chauds et sucrés en apprenant des recettes de grand-mère. Finalement, on passe un bon moment et on a presque plaisir à repartir le sac plein de bazar, de cadeaux et de remèdes miracles qu’on utilisera sans doute rarement.

Tout prêt du souk, le palais Badi est si peu mis en valeur par les guides que l’on aurait pu faire l’impasse dessus sans aucun scrupule. Finalement, en passant devant un peu par hasard, on se décide à faire la visite. Le charme de cet ancien palais dont il ne reste que des ruines inspire bien plus que le palais Bahia. Les cigognes planent au dessus de nos têtes et s’installent sur l’épaisse muraille qui borde le lieu. Partout, la fleur d’oranger égaye les chemins de traverse désertés. On flâne des terrasses aux sous-sols en lisant distraitement les panneaux d’information, souvent déconcentrés par le chant d’une cigogne toute proche. Et, contre toute attente, on aime le palais Badi.

Notre séjour s’achève dans les allées de la Ménara, emblême de Marrakech et finalement la déception du séjour. Après avoir remonté une interminable avenue, le jardin nous a paru bien triste avec cette forêt d’oliviers asséchée. On y passe finalement peu de temps avant de retourner s’étourdir une dernière fois dans le brouhaha de Jemaa El Fna.

Coté pratique

Le logement

Riad Dihya, N 24 Derb Jdid Dabachi Médina, Médina, 40000 Marrakech
Riad plutôt bien situé et proche de Jemaa El Fna. Le petit déjeuner est très copieux et servi sur le toit du riad. Un bémol cependant, il n’y a pas de porte aux salles de bains. A payer en liquide uniquement.

Les visites

Palais de la Bahia, Avenue Imam El Ghazali, Marrakech 40000, Maroc
Du lundi au dimanche, de 9h00 à 17h. Entrée à 10Dh

Palais El Badi, Ksibat Nhass, Marrakesh 40000, Maroc
Du lundi au dimanche, de 9h00 à 17h. Entrée à 20Dh

Les Jardins de la Ménara
Du lundi au dimanche, de 9h00 à 17h. Entrée gratuite.

Les repas

Chez Chegrouni,place Jemaa el Fna
De bons tajines et des tarifs attractifs !